GIEC, février 2022 Un rapport alarmant noyé par la guerre en Ukraine…

GIEC, février 2022 Un rapport alarmant noyé par la guerre en Ukraine…
Créé en 1988 par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a pour mission de rendre compte de l’état des connaissances scientifiques relatives à l’évolution du climat mondial, ses impacts, et les moyens de l’atténuer.
Le GIEC produit des rapports d’évaluation sur l’état des connaissances sur les changements climatiques. Ces rapports constituent le principal élément scientifique des négociations internationales sur le climat qui se déroulent sous l’égide de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et du Protocole de Kyoto.
Pour rappel, le cinquième Rapport d’évaluation (2013/2014) avait retenu entre autres principales conclusions les points suivants :
• L’influence de l’homme sur le système climatique est clairement établie ;
• Plus nous perturbons notre climat, plus nous courrons le risque de conséquences graves, généralisées et irréversibles ;
• Nous avons les moyens de limiter les changements climatiques et de bâtir un avenir plus prospère et plus durable.
Le sixième rapport d’évaluation (2021-2022) arrive à point nommé, car c’est en 2023 que les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs de l’Accord de Paris feront l’objet d’un examen dans le cadre du bilan mondial de l’Accord de Paris, notamment en ce qui concerne l’objectif de maintenir le réchauffement de la planète bien en deçà de 2 °C tout en poursuivant les efforts pour le limiter à 1,5 °C.
Ce rapport est articulé autour de quatre grandes étapes.
Le premier volet (août 2021) concluait que le réchauffement climatique était plus rapide que prévu (+1,09°C en 2021) et cela entraîne entre autres une réduction de la disponibilité des ressources en eau et en nourriture ; un impact sur la santé dans toutes les régions du monde et une baisse de moitié des aires de répartition des espèces animales et végétales.
Même si des efforts ont été réalisés pour réduire les émissions de GES, il y a nécessité d’accélérer la transition énergétique pour réduire les émissions de CO2 et le processus de préservation des milieux naturels.
Le deuxième volet (février 2022) s’est intéressé aux effets, aux vulnérabilités et aux capacités d’adaptation à la crise climatique.
Alors qu’en avril 2022, le GIEC publiera un troisième volet concernant les solutions à mettre en place pour réduire les émissions de gaz à effet de serre avant le rapport de synthèse de septembre 2022.
D’après les experts du GIEC (rapport février 2022), entre 3,3 et 3,6 milliards d’habitants vivent dans des situations très vulnérables au changement climatique, des écosystèmes (la vulnérabilité de l’Homme et des écosystèmes sont interdépendantes) tels que certaines forêts tropicales ou régions polaires, ont déjà atteint des points de non-retour.
Les experts évoquent également les incidences à venir pour les populations avec 1 milliard d’habitants des régions côtières menacés en 2050.
En plus, le seuil de réchauffement de +1,5°C sera atteint autour de 2030, soit 10 ans plus tôt qu’estimé. Or, tout dépassement de la limite de réchauffement de +1,5° entraînerait des impacts irréversibles sur des écosystèmes essentiels tels que les récifs coralliens et les glaciers.
Au-delà du seuil de +1,5°C de réchauffement, les habitants des petites îles et des régions proches de glaciers manqueront d’eau douce. Alors le nombre de personnes exposées à des pénuries d’eau chroniques va dépendre de l’ampleur du réchauffement. À +2°C de réchauffement, 2 milliards d’humains seraient concernés. À +4°C de réchauffement, ce sera la moitié de l’humanité. Et ce n’est pas pour rien que le thème du neuvième Forum mondial de l’eau qui se tiendra à Dakar du 21 au 26 mars 2022 porte sur « la sécurité de l’eau pour la Paix et le Développement ».
Ainsi, les constats du GIEC confirment la nécessité d’agir sur les causes du changement climatique, en réduisant les émissions de GES, et sur les conséquences pour limiter les impacts.
S’adapter devient une stratégie nécessaire et primordiale. C’est ce qui pousse les experts de proposer un développement résilient au climat qui nécessite la mise en œuvre, de manière intégrée, des politiques de préservation de la biodiversité et des écosystèmes, de réduction de GES et de promotion des modes de production et de consommation durables.
Cette recommandation conforte le Sénégal dans sa politique de développement de mixte énergétique (30% de la production électrique provient du mixte), de transport de masse (la mise en circulation du TER électrique avec son impact sur la réduction d’émission de GES provenant du transport urbain, le BRT prochainement), de préservation de sites naturels (nouvelles aires marines et terrestres protégées) et d’élaboration de stratégies de renforcement des enjeux climatiques dans le système éducatif global afin de former des citoyens climato-compétents.
Bien que des progrès dans la planification et la mise en œuvre ont été observés, il reste encore des efforts à faire pour des réponses globales, efficaces et innovantes capables de conduire la transition énergétique et l’adoption d’attitudes et de comportements de production et consommation responsables et durables.
En outre, le rapport du GIEC nous rappelle une évidence : les tendances actuelles et passées n’ont pas permis de progresser vers un développement global résilient au changement climatique. Il urge alors de mettre en place des actions concertées et anticipées car il y a une inadéquation entre les moyens mobilisés et l’élargissement de l’impact des conséquences du changement climatique.
Les demi-mesures ne sont plus une option.
Abdoulaye Faye
Environnementaliste
Coordonnateur national du Cadre de Réflexion et d’Actions pour la Citoyenneté (CRAC)
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