À Madagascar, «à cause de la sécheresse, plus d’un million de personnes sont au bord de la famine»

À Madagascar, «à cause de la sécheresse, plus d’un million de personnes sont au bord de la famine»

Le dérèglement du climat risque-t-il de devenir l’un des pires dictateurs du XXIe siècle ? L’ONG Amnesty International sonne en tout cas l’alarme, à l’approche de la COP 26 à Glasgow. Dans un rapport, elle montre comment, dans le sud de Madagascar, la sécheresse prive les populations de leurs droits les plus élémentaires. Sabine Gagnier, Responsable du programme protection des populations à Amnesty International France, appelle les dirigeants mondiaux à agir pour réduire les émissions de CO2 et aider les populations affectées par ce changement climatique.

RFI : Quels sont les témoignages que vous avez rassemblés sur la situation dans le sud de Madagascar ?

Sabine Gagnier : Le sud de Madagascar a subi quatre épisodes consécutifs de sécheresse qui ont anéanti les récoltes et qui ont entravé l’accès des populations à la nourriture. Le dernier épisode de sécheresse en date a commencé en novembre 2020 et il s’est poursuivi jusqu’en janvier 2021. Il y a plus d’un million de personnes qui sont au bord de la famine. Nous avons eu plusieurs témoins qui nous ont dit avoir perdu des enfants en bas âge à cause de la sécheresse que le pays est en train de subir actuellement. Ce qu’on constate et qui a été confirmé par les données scientifiques, c’est que sur les cinq dernières années, les précipitations ont été en chute drastique, donc le pays a manqué d’eau, ce qui a eu une conséquence dramatique sur les cultures.

Dans ce contexte de sécheresse et de crise alimentaire, est-ce que la communauté internationale se mobilise assez ?

Depuis les premiers signaux d’alerte, on trouve que la communauté internationale n’est pas assez réactive pour apporter une aide humanitaire d’urgence, il y a encore des gens qui se nourrissent de cactus… Ce qu’il faut faire aujourd’hui face à ce constat dramatique à Madagascar, c’est qu’il faut apporter une aide humanitaire au pays de toute urgence… mais ce n’est pas seulement une question humanitaire, il y a vraiment un problème et une responsabilité en matière de crise climatique. Il se trouve que ce sont les pays industrialisés qui ont une responsabilité historique dans les émissions de gaz à effet de serre, donc il faut que les pays les plus riches et industrialisés apportent une aide humanitaire d’urgence, mais aussi agissent sur la crise climatique elle-même et s’engagent à réduire au maximum les émissions de gaz à effet de serre.

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