Environnement – La revue de presse du jeudi 12 mars 2020 – La Gambie “étête” le Sénégal

Environnement – La revue de presse du jeudi 12 mars 2020 – La Gambie “étête” le Sénégal

Le mal est profond. A ce jour, l’ampleur du trafic de bois à la frontière entre le Sénégal et la Gambie semble avoir mis à nu l’inefficacité des engagements pris lors du Conseil présidentiel, il y a deux ans en Gambie et par ce même pays. Si Adama Barrow et son gouvernement sont mis en cause dans un reportage accablant, des sénégalais estiment que les autorités ont failli. C’est l’actualité environnementale qui a fait le tour des médias de ce jour avec la ferme résolution du ministre de l’Environnement et du Développement durable, Abdou Karim Sall, de prendre à bras le corps ce fléau.

Le dossier réalisé par Enquête (page 03) montre l’ampleur des dégâts causés par la Gambie au Sénégal dans le domaine environnemental. « Vous savez tous que mon prédécesseur et ses acolytes avaient des intérêts directs dans le trafic de ce bois. Or tout le monde s’accorde à dire que ce trafic est très lucratif, à l’image du trafic de la drogue. Dès que l’on s’y met, on ne s’arrête plus et les appétits deviennent gigantesques. Mais mon gouvernement n’a aucun intérêt dans ce trafic de bois de la Casamance et j’ai dit au Président Macky Sall que les forces de sécurité et de défense de la Gambie sont maintenant stationnées à tous les points d’entrée utilisés par ces trafiquants. Je voudrais assurer le Sénégal de ma totale collaboration et de ma disponibilité dans cette lutte commune », déclarait le Président Adama Barrow en mars 2018.

 « Nous avons la responsabilité de préserver cet héritage familial, pour léguer à nos enfants et aux générations futures un espace sénégambien stable et apaisé, et dont toutes les composantes vivent en harmonie. Cela passe nécessairement par une lutte déterminée et coordonnée contre toutes les formes de criminalité et de trafic illicite, y compris l’exploitation illégale de nos ressources naturelles. Le trafic illicite n’est pas seulement une violation formelle de la loi. Il est aussi et surtout une source d’instabilité pour la société et l’Etat. C’est pourquoi nous ne devons ménager aucun effort pour faire de la lutte contre ce fléau une priorité de premier ordre, notamment dans le cadre de l’Accord sur la gestion des ressources transfrontalières dans le domaine de la foresterie », avait répondu le Président de la République du Sénégal, Macky Sall. 

Enquête qui poursuit son dossier estime que le ministre de l’Environnement gambien, Lamine Dibba, est au cœur du trafic d’autant que l’Agence d’investigation environnementale a su démontrer l’implication de certains membres du gouvernement. Le journal souligne que ce dernier est aidé par Lamine Saidy Kane, gestionnaire du site du gouvernement et chef d’une entreprise d’exportation de bois, avec des signatures de documents « légaux » aux commerçants, en échange de récompense financière. En six (6) ans, six cent mille (600.000) tonnes de bois de rose, soit l’équivalent d’un million d’arbres ont été transportés vers la Chine.

« Je suis peiné de voir qu’il n’y a pas d’actions derrière les discours. L’environnement n’a plus besoin de nos discours, mais de protection. Nous avons combattu Yaya Jammeh, mais on se rend compte qu’avec Adama Barrow, c’est la même chose », se désole Ali Haidar. Cette déforestation grandissante participe au réchauffement du climat, à la diminution des précipitations, tout en exposant la végétation à une disparition programmée.

« BBC accable le Sénégal et la Gambie », c’est l’appel à la Une de Walfadjiri (page 05) avec les trois cent mille (300.000) tonnes de bois de rose du Sénégal exportées en Chine par la Gambie. Le journal estime que c’est une tragédie environnementale qui est en train de se produire dans la forêt de la Casamance avec l’administration Barrow qui exploiterait le bois Rose du Sénégal en toute illégalité.  

Pour le parlementaire Moustapha Diakhaté, « ce n’est pas la Gambie qui a fauté, c’est l’Etat du Sénégal qui a failli ». Le politique charge le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Abdou Karim Sall. « La réaction du ministre sénégalais de l’Environnement et les mesures annoncées à la suite de révélations de la BBC sur le trafic de bois entre le Sénégal et la Gambie, sont en soi un scandale. Comment un Etat prétendument aussi organisé que le Sénégal peut-il ignorer le saccage de ses forêts avec la complicité d’un pays voisin ? », s’interroge –t-il. A l’en croire, « les autorités administratives et forestières des zones impactées doivent être relevées de leurs fonctions et traduites devant les tribunaux pour complicité de pillage du patrimoine forestier du Sénégal ».  

Walf dira même que le ministère de l’Environnement et du Développement durable, via ses services ménage Adama Barrow car ils ne se sont pas prononcés sur les accusations portées sur la Gambie.

Rewmi (page 05) et Le Soleil (page 07) magnifient le travail abattu par le ministère de l’Environnement et du Développement durable avec des chiffres qui parlent. Via un communiqué, ces journaux informent qu’il y a au moins 1527 procès-verbaux dont 143 emprisonnements. En sus de  8.941 billons de bois frauduleux, 04 tracteurs, 22 camions gambiens et 1568 charrettes qui ont été saisis dans la lutte contre le trafic de bois.

Face aux révélations de BBC, Témoin (page 07) affirme que le MEDD rassure et apporte des corrections. « Nous allons faire le maximum possible pour préserver nos ressources naturelles et forestières. Les régions du Sud et du sud-est sont les plus exposées à ce fléau. L’Etat du Sénégal a renforcé l’effectif des agents des Eaux et Forêts. Mais aussi ceux des Parcs nationaux pour mettre fin à cette situation qui perdure. Nous allons intensifier les opérations de patrouille mixtes menées par l’Armée, la Gendarmerie et les services des Eaux et Forêts », a déclaré le ministre Abdou Karim Sall.

« La lutte contre ce fléau a été toujours aux premiers rangs de nos priorités. Plusieurs actions permettant de mieux préserver nos ressources forestières et naturelles ont été entreprises récemment. La  lutte contre la destruction de nos écosystèmes constitue une bataille rude et difficile à solutionner, mais qui se gagnera certainement dans la persévérance et le renforcement des efforts entrepris jusque-là entrepris », a déclaré le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Abdou Karim Sall dans Libération (page 04).

Selon Le Quotidien (page 04), l’appel est lancé : « pour gagner la lutte contre l’exploitation illicite du bois, les populations devront s’engager aux côtés de l’Etat. Nous invitons, par ailleurs, l’ensemble des citoyens de cette Nation à participer à l’effort de reboisement, afin de contribuer à la restauration de nos écosystèmes. C’est ainsi qu’il nous sera possible de faire face aux conséquences actuelles des changements climatiques et sans doute, ce qui nous permettra de vivre dans un environnement sain et de le garantir aux générations futures », a tiré sur la corde sensible le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Abdou Karim Sall.

Le titre de Kritik est sans équivoque : « le ministre de l’Environnement gambien fuit ». En appel à sa Une, le journal n’a pas manqué de signaler l’absence de l’autorité environnementale gambienne au Conseil présidentiel entre le Sénégal et la Gambie qui se tient à Dakar. Indexé comme acteur de cette tragédie environnementale dont est victime le Sénégal, le ministre de l’Environnement de la Gambie a « fui » comme le souligne le journal, lors du Conseil présidentiel qui se tient à Dakar. Ce dernier avait même reçu la visite de son homologue sénégalais en décembre dernier, après leur première rencontre à la COP 25 en Espagne.

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