Grand Angle – Environnement – Dakar vit, sent et se nourrit de la pollution

Grand Angle – Environnement – Dakar vit, sent et se nourrit de la pollution

La pollution est une dégradation de l’environnement introduisant dans l’air, l’eau ou le sol des matières n’étant pas naturellement présentes dans le milieu. La dégradation de la qualité de l’air empoisonne notre vie et nous tue à petit feu. L’air est composé d’oxygène (21%), d’azote (78%) et d’argon (0,95%). Il est plus ou moins contaminé par des polluants gazeux, liquides ou solides d’origine naturelle (émissions par la végétation, les océans, les volcans, …) ou produits par les activités humaines (pots d’échappements, cheminées d’usines, feux domestiques, feux de poubelles, …).

L’être humain respire chaque jour quinze mille (15.000) litres d’air et dans le monde, 1,3 millions de personnes meurent à cause de la désagrégation de l’air. A Dakar, 330.125 véhicules ont été dénombrés dont 55% ont plus de 16 ans, ce qui fait grimper le taux de pollution de l’air, risquant d’ôter la vie à sept (7) millions de personnes dans le monde, dont 3.500.000 individus en Afrique.

« Champions dans la rédaction de textes parfaits, mais… »

Selon le Directeur adjoint de l’Environnement et des Etablissements classés (DEEC), Cheikh FOFANA, « la pollution intérieure, comme l’encens, les pesticides et le charbon, est supérieure à celle extérieure. En 30 ans, cela a donné une multiplication des maladies respiratoires comme la pneumonie, principale cause de mortalité chez les moins de cinq ans, mais aussi l’augmentation de la stérilité masculine et bien d’autres pathologies. Nous nous empoisonnons nous-mêmes et pourtant dans ce pays, nous avons toutes les lois possibles en matière de protection de l’environnement et de lutte contre la
pollution. Nous sommes champions dans la rédaction de textes parfaits, mais au final, personne ne respecte rien. Je propose un grand programme de communication et de sensibilisation pour combattre l’incivisme. Il faut revenir au service militaire obligatoire. Il faut qu’on forge un nouveau type de citoyen à vision systématique », s’est-il insurgé.

Mesure de l’air

L’indice de qualité de l’air (IQA) indique l’état journalier de la qualité de l’air. Il renseigne sur le niveau de pollution de l’air et les impacts sanitaires qui peuvent découler, quelques minutes ou des jours, après l’exposition à la pollution atmosphérique.

Parmi les utilisateurs de ce système, l’Agence Américaine de Protection de l’Environnement (USEPA) a développé un IQA pour cinq (5) principaux polluants réglementés par la loi sur la qualité de l’air (l’ozone de surface, les particules de poussières, le monoxyde de carbone, le dioxyde de soufre et le dioxyde d’azote). Pour chaque polluant, l’;USEPA a déterminé des standards pour se protéger contre les effets sanitaires.

 

HLM, Médina, Guédiawaye, Pikine, Dakar-Plateau, zones polluées

A cet effet, un centre de Gestion de la Qualité de l’Air (CGQA) a été créé grâce au Fonds Nordique de Développement (FND) qui a financé la composante 4 du Programme d’Amélioration de la Mobilité Urbaine (PAMU) mis en œuvre par le Conseil Exécutif des Transports Urbains de Dakar (CETUD).
En raison de ses objectifs de veille environnementale sur la pollution atmosphérique, le CGQA a été placé sous la tutelle de la Direction de l’Environnement et des Etablissements Classés (DEEC). Ce centre dispose aujourd’hui d’un laboratoire de référence et de cinq (5) stations fixes de mesure de la pollution de l’air répartis à travers la ville de Dakar. Ces stations fixes qui gravitent autour des HLM, Médina, Dakar Plateau, Guédiawaye sont complétées par un laboratoire mobile qui effectue des mesures dans des endroits ciblés.
« Ces zones choisies font partie des plus polluées de Dakar. Au niveau des HLM, il y a un trafic routier très dense et intense, sans compter le marché et les zones vides où la poussière et toute autre nuisance règnent en maîtres. Pikine aussi est très polluée, mais comme la zone n’est pas sécurisée, d’autant qu’un accord n’avait pas été possible avec la mairie, on a implanté la station à Guédiawaye », a expliqué le technicien du CGQA, Saliou SOUARE.

A l’en croire, les missions du centre, qui est composé d’experts en modélisation, informatique, assurance et contrôle/qualité et de techniciens d’instruments, consistent entre autres à « assurer la veille sur la pollution de l’air ambiant, informer le public sur l’état de la qualité de l’air, fournir à l’Etat des rapports sur la pollution de l’air pour une prise de décision, évaluer les rejets de polluants à la source, et à favoriser la mise en place d'un observatoire de la qualité de l’air ». 

Origine des polluants

La qualité de l’air résulte d’un équilibre entre les apports de polluants et les phénomènes de dispersion et de transformation dans l’environnement. Les polluants atmosphériques sont très nombreux mais parfois à des concentrations très faibles. Il existe deux (2) principales grandes familles de polluants atmosphériques : les polluants primaires et les polluants secondaires.

Polluants suivis

Compte tenu du nombre élevé de polluants dans l’atmosphère, seuls quelques- uns sont suivis, car d’une part ils sont représentatifs des types de pollution (industrielle, automobile ou surfacique) et d’autre part, leurs effets nuisibles pour l’environnement et/ou la santé ont été démontrés. On parle alors d’indicateurs de pollution atmosphérique qui font l’objet de réglementations. Pour évaluer la qualité de l'air globale pour une station de surveillance particulière, un indice est calculé pour chaque polluant mesuré et le maximum est considéré comme l’;indice de qualité de l’air pour cette station de surveillance, car il représente le plus mauvais des polluants mesurés.

Le CGQA assure la surveillance des polluants atmosphériques suivants : SO2 (Dioxyde de soufre) : les émissions de dioxyde de soufre dépendent de la teneur en soufre des combustibles (gazole, fuel, charbon, …). Elles sont principalement libérées dans l’atmosphère par les cheminées des usines (centrales thermiques, …), le secteur automobile Diesel contribue dans une faible mesure à ces émissions.
PM (Particules en suspension) : le transport routier, les combustions industrielles et l’incinération des déchets sont parmi les émetteurs de particules en suspension. Certaines particules dites secondaires se forment à partir d’autres polluants. Les principaux secteurs d’émission des particules de diamètre inférieur à 10 µm sont le transport, l’industrie et les phénomènes naturels.
NOx (Oxydes d’azote) : les émissions d’oxydes d’azote apparaissent dans toutes les combustions, à hautes températures, de combustibles fossiles (charbon, fuel, pétrole…).
Le transport reste la principale source d’émission de NOx (les moteurs diesel en rejettent deux fois plus que les moteurs à essence catalyses. Cependant, la plupart des véhicules au Sénégal ne sont pas équipés de pots catalytiques).
Le monoxyde d’azote (NO) rejeté par les pots d’échappement est oxydé par l’oxygène et se transforme en dioxyde d’azote (NO2).

O3 (Ozone) : l’ozone protège les organismes vivants en absorbant une partie des UV dans la haute atmosphère (environ 25 km d’altitude au niveau de la stratosphère).
Mais à basse altitude, ce gaz est nuisible si sa concentration augmente trop fortement. C’est le cas lorsque se produit une réaction chimique entre le dioxyde d’azote et les hydrocarbures (polluants d’origine automobile). Cette réaction nécessite des conditions climatiques particulières (fort ensoleillement températures élevées, phénomène d’inversion de température, faible humidité et absence de vent).
CO (Monoxyde de carbone) : les émissions de monoxyde de carbone proviennent essentiellement du trafic routier, bien que ce polluant ne représente en moyenne que 6% des gaz d’échappement d’un véhicule à essence (un véhicule
diesel en émet 25 fois moins).
COV (Composés Organiques Volatiles) : les composés organiques volatiles sont libérés lors de l’évaporation des carburants (remplissage des réservoirs), ou par les gaz d’;échappement. Ils sont émis majoritairement par le trafic automobile, le reste des émissions provenant de processus industriels et éventuellement d’usage domestique de solvants.
Le plomb n’est pas suivi et n’est plus un indicateur de la pollution automobile, car il a été supprimé de l’essence depuis 2005.


RECOMMANDATIONS SANITAIRES

Ce qu’il faut faire en cas de pollution Il est recommandé à l’ensemble de la population : de respecter scrupuleusement tout traitement médical en cours, ou de l'adapter sur avis de leur médecin.
Pour cela, il faut consulter leur médecin en cas d'aggravation de leur état ou d’apparition de tout symptôme évocateur (toux, gêne respiratoire, irritation de la gorge ou des yeux), éviter (ou de limiter) toute activité physique ou sportive intense (notamment compétition) à l’extérieur augmentant de façon importante le volume d’air et de polluants inhalés. Il est aussi conseiller de veiller à ne pas aggraver les effets de cette pollution par d’autres facteurs irritants des voies respiratoires, tels que l’usage de l’encens, de solvants et surtout la fumée de tabac.

Les jeunes enfants, les asthmatiques et les personnes âgées devraient éviter de s’exposer longuement à l’air ambiant pendant la période.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Que signifient les classes de l’IQA ?
Bon : l’IQA est satisfaisant et la pollution de l’air pose très peu ou pas de risque sanitaire.
Moyen : l’IQA est acceptable. Toutefois, pour certains polluants, il peut y avoir de légers risques sanitaires pour un nombre limité de personnes. Par exemple, les personnes qui ne sont pas d’habitude sensibles à l’ozone pourraient manifester quelques symptômes.
Mauvais : certains groupes de personnes sont particulièrement sensibles aux effets nocifs de certains polluants. Ceci signifie qu’ils sont susceptibles d’être affectés pour les plus basses valeurs que le grand public. C’;est le cas pour les
enfants et les adultes en activité à l’extérieur. Les personnes atteintes de maladies respiratoires sont soumises à un risque élevé en cas d’exposition à l’ozone, alors que les gens atteints de maladies cardiaques le sont en cas d’exposition au monoxyde de carbone. Avec des valeurs d’IQA entre 150 et 200, tout le monde peut commencer à sentir des effets sanitaires qui sont plus sérieux chez les gens des groupes sensibles.
Très Mauvais : Des valeurs d’IQA supérieures à deux cents (200) déclenchent une alerte sanitaire, car chacun peut ressentir de sérieux effets sur la santé. Avec des valeurs d’IQA supérieures à trois cents (300), toute la population est
affectée. L’alerte générale doit être déclenchée et des mesures d’urgence doivent être prises.

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