La Terre respire, l’Humanité s’offusque. Par le Colonel Gora DIOP

La Terre respire, l’Humanité s’offusque. Par le Colonel Gora DIOP

Il y a quarante-huit ans,  plus précisément le 05 juin 1972, que se tenait à Stockholm, en Suède, le premier sommet sur la terre, qui a ouvert une série de rencontres décennales appelées « Sommet de la terre ».

Pourtant au-delà de la naissance du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) lors de cette rencontre, ce sommet avait retenu aussi vingt-six (26) principes dont je vous rappelles trois :

  • Principe 1 : la liberté est un droit fondamental pour l’Homme, de même que l’égalité et des conditions de vie satisfaisantes aussi, dans un environnement dont la qualité lui permette de vivre dans la dignité et le bien-être. Il a le devoir de protéger et d’améliorer l’environnement pour les générations actuelles et futures. De ce fait, les politiques qui encouragent le racisme, l’apartheid, la discrimination, les formes coloniales et autres oppression et domination étrangères doivent être éliminées après condamnation.
  • Principe 2 : les ressources naturelles du globe, y compris l’air, l’eau, la terre, la flore et la faune, et particulièrement les échantillons représentatifs des écosystèmes naturels, doivent être préservés dans l’intérêt des générations présentes et à venir par une planification ou une gestion attentive selon que de besoin.
  • Principe 4 : l’Homme a une responsabilité particulière dans la sauvegarde et la sage gestion du patrimoine constitué par la flore et la faune sauvage et leur habitat, qui sont aujourd’hui gravement menacés par un concours de facteurs défavorable. La conservation de la nature, et notamment de la flore et de la faune sauvages, doit donc tenir une place importante dans la planification pour le développement économique.

 

Vingt ans après Stockholm, s’est tenue à Rio, La conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement, plus connue sous le nom de sommet de la Terre de Rio de Janeiro ou sommet de Rio.

Cette conférence, dans le prolongement de celle de Stockholm  a été marquée par l’adoption d’un texte fondateur de 27 principes, intitulé « Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement » qui précise la notion de développement durable, dont je vous rappelle deux principes seulement :

  • Principe 1 : les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature.
  • Principe 4 : pour parvenir à un développement durable, la protection de l’environnement doit faire partie intégrante du processus de développement et ne peut être considéré isolément.

 

Pour rappel, la Conférence de Rio, a notamment été l’occasion d’adopter un programme d’action pour le 21ème  siècle, appelé Agenda 21, qui énumère quelque 2 500 recommandations concernant la mise en œuvre concrète des principes de la déclaration. Il prend en compte les problématiques liées à la santé, au logement, à la pollution de l’air, à la gestion des mers, des forêts et des montagnes, à la désertification, à la gestion des ressources en eau, de l’assainissement, de l’agriculture, des déchets. Aujourd’hui encore, le programme Agenda 21 reste la référence pour la mise en œuvre du développement durable au niveau des territoires.

Le sommet de Rio, n’a-t-il pas donné aussi naissance à la Conférence des Parties appelée COP, qui regroupe plus d’une centaine de pays du monde entier chaque année pour parler du climat et de la lutte contre le réchauffement climatique.

 

Une, deux, trois, vingt-cinq COP, sont passées et nous préparons la 26ème Conférence des Parties pour 2020 qui doit ou qui devrait se tenir à Glasgow en novembre et qui a été reportée en raison de COVID-19.

 

Oui, le COVID 19 qui dicte sa loi. Cette pandémie qui se définit comme une maladie infectieuse émergente, provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2. Elle apparaît le 17 novembre 2019 dans la ville de Wuhan, en Chine centrale, avant de se propager dans le monde entier.

 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte dans un premier temps la République populaire de Chine et ses autres États membres, puis prononce l’état d’urgence de santé publique de portée internationale le 30 janvier 2020.

Quarante jours après, l’OMS, considère l’épidémie de Covid-19 comme pandémie et demande des mesures de protection essentielles pour prévenir la saturation des services de soins intensifs et renforcer l’hygiène préventive (suppression des contacts physiques, bises et serrements de mains, fin des attroupements et des grandes manifestations ainsi que des déplacements et voyages non indispensables, promotion du lavage des mains, mise en application de quarantaine, etc.).

 

Cette pandémie mondiale qui a provoqué des annulations en série de manifestations de toute sorte sur toute la planète, a amené de nombreux pays à prendre des mesures de confinement pour freiner la formation de nouveaux foyers de contagion, la fermeture des frontières de nombreux pays, et un crash boursier du fait des incertitudes et des craintes qu’elle fait peser sur l’économie mondiale.

 

A la date d’hier 21 avril 2020, plus de 2 500 000 cas cumulés sont confirmés dans le monde, dont près de 680 000 personnes guéries et près de 180 000 morts.

 

Ce confinement qui touche plus de quatre milliards de personnes montre déjà ses effets sur l’environnement pour ne pas dire ses impacts. Les images de la diminution de la pollution atmosphérique sont frappantes, car elles illustrent à quel point les activités humaines ont un impact sur la qualité de l’air que nous respirons.

 

Sur les cartographies produites par la Nasa, issues des données de satellites européens et américains, que voit-on ? Un « nuage » orange représente la quantité en dioxyde d’azote (NO2) contenu dans l’air au-dessus de la Chine en janvier 2020. Le dioxyde d’azote est relâché dans l’air principalement par les véhicules et les installations industrielles, et peut causer des problèmes respiratoires. Un mois plus tard, le « nuage » a quasiment disparu de la même zone… En cause ? Une forte baisse de l’activité du pays, liée à l’épidémie de Covid-19 et au confinement d’une partie de la population chinoise.

 

L’épidémie de coronavirus Covid-19 provoque une crise inédite, mais entraîne un répit pour la planète, avec une réduction drastique des gaz à effet de serre. Une accalmie bien réelle, mais qui ne devrait être que temporaire.

Le monde redécouvre des paysages dégagés et des perspectives que la pollution avait parfois fait oublier, que ce soit en Afrique, en Asie, en Europe, ou en Amériques.

 

Nuisible comme la peste ou le sida, le covid 19 nous enseigne que le développement peut aussi être propre.

 

L’adage disait que pour quelque chose malheur est bon, mais l’urgence est tout d’abord de gagner cette guerre, ensuite de tirer toutes les leçons.

 

Alors, citoyens, relevons le défis.

 

Régis Debray dans son livre intitulé « la république expliquée à ma fille » en 1998, disait:

« le citoyen, c’est celui qui participe de son plein gré à la vie de la cité. Il partage avec ses concitoyens le pouvoir de faire la loi. le pouvoir d’élire et, le cas échéant, d’être élu. Si tu fais la loi, il est normal que tu lui obéisses. Ça s’appelle le civisme. Et si tout le monde s’arrangeait pour ne plus payer d’impôts, il n’y aurait plus de gendarmes, ni de lycées, ni d’hôpitaux, ni d’éboueurs, ni d’éclairage public, parce qu’il faut de l’argent à l’État ou à la ville pour entretenir tous ces services. »

 

De cette citation, nous pouvons en tirer au moins trois valeurs qui caractérisent le citoyen, à savoir:

  • la civilité: il s’agit d’une attitude de respect, à la fois à l’égard des autres citoyens, mais aussi à l’égard des bâtiments et lieux de l’espace public
  • le civisme: il consiste, à titre individuel, à respecter et à faire respecter les lois et les règles en vigueur, mais aussi à avoir conscience de ses devoirs envers la société.
  • la solidarité: elle est importante, en effet, dès lors que les citoyens, dans une conception classique, ne sont pas de simples individus juxtaposés, mais un ensemble d’hommes et de femmes attachés à un projet commun.

 

Mais n’oublions pas que l’homme est au centre de l’écosystème, il est un des maillons de la chaine.Il a des activités qui sont déterminant dans le devenir du système (exploitation irrationnelle des ressources naturelles, la pollution de l’eau, de l’air, des terres, le gaspillage d’énergie, etc)

 

Mais devenons citoyens d’abord avant d’être éco citoyens.

 

L’éco citoyen intervient alors pour interpeler l’homme sur les effets de ses actions sur la nature, le conscientiser et lui permettre d’adopter de nouvelles habitudes pour la sauvegarde de l’écosystème et la protection de l’environnement.

 

L’écocitoyenneté se fonde sur la reconnaissance par l’homme de sa responsabilité vis-à-vis de la destruction de son milieu et sur sa capacité à mettre en œuvre un comportement et des gestes qui feront de lui un citoyen actif, réactif et un consommateur averti soucieux de la préservation de son environnement.

 

Le concept d’écocitoyenneté est en partie issu de la prise de conscience des impacts des activités humaines sur les écosystèmes et de la volonté de favoriser la participation du citoyen aux choses de la cité, mais surtout aux choses dont il est le seul responsable.

 

C’est pourquoi, être éco citoyen, c’est:

  • Prendre en compte dans ses actions de tous les jours, les conséquences que ses actes sont susceptibles de produire au présent, mais aussi à moyen et long terme;
  • Réaliser au cours de sa vie quotidienne, des actions nécessaires à la sauvegarde de l’environnement;
  • Reconnaître la portée écologique de tous les actes et gestes quotidiens que l’on pose. C’est chercher à limiter les effets nuisibles de ses actes et gestes sur l’environnement et entreprendre des actions de sauvegarde et de restauration;
  • Reconnaître ses droits et devoirs envers l’environnement;
  • Adopter une démarche de vie respectant la nature. Cette démarche comporte des responsabilités tant individuelles que collectives des acteurs.

 

Être éco citoyen n’est pas la responsabilité d’un jour, d’un lieu ou d’une situation. Être éco citoyen est un apprentissage de tous les jours qui nécessite un accompagnement de proximité de chacun par les relais publics, mais surtout une véritable éducation.

 

L’avenir de notre environnement ne repose pas sur une quelconque tutelle, mais il est entre nos mains, à charge pour nous de le saisir et de réagir vite.

A l’état de définir une politique globale de développement qui prend davantage en compte la dimension environnementale et aux décideurs publics et privés de devenir des éco-décideurs.

 

Développons des éco –gestes et retenons la leçon des 5 R:

  • REDUIRE
  • RECUPERER
  • RECYCLER
  • REUTILISER
  • REPARER

Vivre simplement pour que simplement d’autres puissent vivre » (Gandhi)

 

Colonel Gora DIOP

Directeur de la Grande Muraille verte

À l’Agence sénégalaise de la Reforestation et

De la Grande Muraille verte (ASERGMV)

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