Pesticides – 81.000 tonnes de produits interdits, mais cultivés pour l’exportation

Pesticides – 81.000 tonnes de produits interdits, mais cultivés pour l’exportation

Des pesticides jugés trop toxiques en Europe continuent d’être fabriqués dans l’Union pour être exportés notamment vers des pays en voie de développement moins regardants. Cette pratique est légale mais elle est épinglée dans un nouveau rapport publié par les ONG Public Eye et Unearthed.

D’après ce rapport, des entreprises européennes ont exporté en 2018, 81 000 tonnes de pesticides interdits en Europe vers le Brésil, l’Ukraine ou encore le Maroc, soit au total 85 pays, pour la plupart en voie de développement ou émergents, et où les réglementations sont plus faibles et les risques plus élevés. Les organisations non gouvernementales dénoncent dans leur rapport des “risques sanitaires et environnementaux dramatiques”. 

Produits interdits en Europe, mais cultivés pour l’exportation

Ces exportations de pesticides concernent des produits tels que le dichloropène qui débarrassait notamment les champs de carottes d’un ver parasite, la cyanamide utilisée dans les vignes et la culture des fruits ou encore l’herbicide paraquat soupçonné de lien avec la maladie de Parkinson. Au total, 41 pesticides interdits en Europe car jugés trop toxiques, continuent d’être fabriqués et exportés hors union européenne. Sur les 81 000 tonnes exportées en 2018, il y a 28 000 tonnes de paraquat (plus du tiers), alors qu’il a été interdit en 2017 par la justice européenne car il est soupçonné de lien avec la maladie de Parkinson, et provoque insuffisances rénale et respiratoire.

Ainsi, la production, le stockage ou le transport de tels produits destinés à des pays-tiers ne sont pas soumis à autorisation, même si les règles sur l’exportation de ces pesticides sont encadrées par la Convention de Rotterdam (initiée par l’ONU en 1998) dont les Etats de l’UE sont signataires. Selon cette convention, les pays exportateurs s’engagent à respecter les éventuelles restrictions de pesticides des pays importateurs. Or, en réalité, selon le rapport, les pays en développement et émergents “sont les terrains de jeu privilégiés de ces multinationales, qui y font près de 60 % de leurs ventes de pesticides extrêmement dangereux”.

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